Les Quatres saisons

L’installation Les quatre saisons, en cercle, invite à la promenade ; elle remet en cause l’aspect frontal de la perception traditionnelle de l’oeuvre. Elle propose une réflexion sur les rapports susceptibles de s’instaurer entre les différentes réalisations plastiques. La marche s’instaure dans un espace et un temps en boucle. L’objectif principal est la prise de conscience que le paysage plus qu’un décor est d’abord un lieu de vie, de transformations, la notion d’un temps qui s’écoule.

La démarche est « des marches », au fil des saisons, le long des chemins et sentiers des bois de Saint Rémy l’Honoré (78690) afin « d’immortaliser » des moments privilégiés par la prise photographique et le prélèvement d’éléments naturels. Plus qu’une vision, il s’agit d’un abandon, d’une immersion totale dans le végétal. Les bandes verticales matérialisent la progression de la promenade.

Chaque saison comporte deux réalisations de 71×51 cm. encadrées et sous verre.

L’automne : « Toiles d’araignées » est composée de toiles d’araignées, d’une araignée dans sa toile, plastifiées à l’aérosol et de la photographie d’un aranéide (des Araneae).

« Les champignons » présente entre les bandes de carton ondulé noir des alignements verticaux de photographies de champignons auxquelles sont accolés de petits sachets (servant habituellement à la confiserie) enfermant le champignon désigné. De haut en bas : le champignon dans son habitat naturel, le champignon sur pied, le chapeau, le champignon en coupe. De droite à gauche : le bolet à beau pied, la trompette des morts, le cèpe roux, le nématolome en touffes et enfin la vesse après la maturité de la gleba (éclatée comme un cratère) et la vesse jeune.

L’hiver : « Bois vermoulu » est constitué d’une photographie de bois vermoulu immergeant de la neige et de fragments d’écorce et de bois vermoulu.

« Feuilles dentelles » possède également une photographie en haut à gauche de feuilles dentelles que j’ai trouvé sous les amas de feuilles mortes dans les bois. Leur décomposition (comme celle du bois) va de la forme à l’informe et présente de belles formes abstraites.

Le printemps : « Lichens » associe deux photographies de différents lichens et des lichens de différentes tailles, formes, consistance et couleur.

« Fleurs printanières » dispose 3 photographies de fleurs printanières et dans des sachets (de confiserie) jonquilles, violettes et anémone des bois.

L’été : « Cyclamen sauvage « assemble une photographie de cyclamen cueilli au bord d’une sente boisée à des fleurs, des fougères, du lierre, des fraises des bois, de la mousse.

« Sables » agence une photographie d.une empreinte de ma chaussure de marche dans le sable avec des sables de différentes couleurs.

De l’arbre au fruit comporte deux réalisations de 81×61 cm. et de 6,3 cm. d’épaisseur. Ce sont des vitrines.

Dans la première de gauche à droite : le châtaignier, le charme, le chêne, le bouleau, le pin sylvestre et le hêtre commun.

Dans la seconde : le frêne, l’érable, le merisier, le noisetier, l’épine brune (prune), le sureau noir et l’aubépine épineuse.

De haut en bas la représentation dessinée avec un pinceau très fin et des vernis vitrail, sur transparent, posée sur le recto d’une de mes cartes de visite, de l’arbre puis un fragment d’écorce, une feuille séchée dans des sachets transparents (de confiserie). Ensuite le fruit dessiné selon la même technique et le ou les fruit(s) séché (s).

De l’arbre au fruit renforce l’idée d’écoulement des saisons, d’écoulement du temps.

La vitrine est un processus de présentation, de représentation, d’exposition. La vitre est quasi invisible ; seul le reflet du spectateur perturbe cette qualité et le fait participer. Elle est visible par la pensée sous la forme d’une absence/présence conceptuelle. Sa fonction est d’isoler, de mettre à distance, de servir d’index à l’opacité des matériaux, matières, exposés.

Le verre s’arroge la fonction dévolue au sarcophage : il préserve, embaume et sert de présentoir. La vitrine tient le monde, le réel, la mort, l’innommable à distance.